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TournoisIPO San Remo 2026

San Remo, 63ème place et une leçon que je n'oublierai pas

Jennifer

Jennifer

Coach Mental & Préparation Mentale

Mai 20267 min de lecture63ème · IPO Main Event

Je reviens de San Remo. 63ème place au Main Event de l'IPO. Pas le résultat dont je rêvais. Mais peut-être le plus formateur de ces trois dernières années. Je t'écris cet article à chaud — à peine rentrée, encore les pieds dans le sable et la tête dans les mains replays — pour partager exactement ce qui s'est passé, ce que j'ai ressenti, et surtout ce que cette expérience m'a appris sur le mental game sous pression réelle.

Parce que coacher le mental des autres, c'est une chose. Se retrouver soi-même sous les projecteurs d'un tournoi à fort enjeu, avec un stack moyen au Day 2 et une bulle qui approche — c'en est une autre. Et c'est dans ces moments-là que la théorie rencontre la réalité.

IPO San Remo 2026 — Main Event

Casino Municipale di Sanremo · Italie

63ème

Classement final

Day 2

Élimination

Near bubble

Contexte

Le contexte : arriver avec le bon état d'esprit

San Remo, c'est l'un de ces tournois qui ont une âme. Le Casino Municipale est un bijou Belle Époque posé sur la mer Ligure. On s'installe, on respire l'air iodé par les grandes fenêtres, et on se dit que c'est exactement pour ça qu'on joue au poker en live.

Je suis arrivée avec une préparation solide : routine pré-session la veille, travail de visualisation, sommeil respecté. Sur le papier, tout était en place. Le Day 1 s'est bien passé — j'ai terminé avec un stack au-dessus de la moyenne, dans un bon état d'énergie, aucun coup de tilt notable. Exactement ce qu'on prépare pendant des semaines.

Le Day 2 : quand la pression change de nature

Le Day 2, c'est un autre jeu. Les joueurs restants sont meilleurs, plus solides. La bulle approche, les stacks se rétracissent, et quelque chose de subtil se passe dans la tête : tu commences à jouer pour ne pas perdre plutôt que pour gagner.

C'est exactement ce qui m'est arrivé. Je le sais maintenant, avec le recul de quelques jours. Sur le moment, je pensais jouer serré parce que c'était stratégiquement juste. En réalité, j'étais dans un mode de protection émotionnelle. Je ne prenais plus de risques calculés. Je protégeais mon stack comme s'il était réel — comme s'il était de l'argent réel que je pouvais perdre, pas des jetons dans un tournoi où il faut grandir pour gagner.

“J'ai compris en sortant de la salle : je n'avais pas perdu à cause de mes cartes. J'avais perdu à cause de l'histoire que je me racontais sur ce qu'il fallait protéger.”

La main qui a tout changé

Je ne vais pas rentrer dans les détails des cartes — ce n'est pas le plus important. Ce qui est important, c'est ce qui se passait dans ma tête 30 secondes avant de prendre la décision qui m'a éliminée.

J'avais identifié une situation favorable. Mon adversaire était en over-bet, son sizing sur le flop puis le turn avait des incohérences. Mon range avait de la value. La décision logique était d'appeler ou de shover. Mais j'ai hésité. Et cette hésitation — cette micro-seconde où j'ai regardé mes jetons au lieu de regarder la situation — c'est là que le mental m'a lâchée.

J'ai folded. Et trois secondes après avoir jeté mes cartes, j'ai su que c'était une erreur. Pas parce que l'adversaire avait bluffé (je n'ai pas vu ses cartes), mais parce que j'avais laissé l'émotion prendre la décision à la place de l'analyse.

Leçon 1 : la peur du regret est plus paralysante que la peur de perdre

En coaching, je parle souvent de la peur de perdre. Mais ce que j'ai vécu à San Remo, c'était différent. C'était la peur du regret. La peur de prendre une décision active qui pourrait m'éliminer — versus une décision passive qui ne ferait que réduire mon stack.

Notre cerveau perçoit les erreurs d'omission (ne pas avoir agi) comme moins douloureuses que les erreurs de commission (avoir agi et eu tort). C'est un biais cognitif bien documenté en psychologie comportementale, et il est dévastateur au poker — un jeu où l'inaction est souvent la pire des décisions.

La vraie question à se poser n'est jamais “si j'agis et que je me trompe, est-ce que je vais le regretter ?” mais “si je n'agis pas alors que l'analyse dit d'agir, suis-je en train de jouer mon meilleur poker ?”

Leçon 2 : le mental game se teste toujours dans l'inconfort

On peut travailler son mental game pendant des semaines en session online ou en cash game de confort. Mais le vrai test, c'est un tournoi live, face à de vrais adversaires, avec de vraies conséquences et un vrai voyage derrière soi.

Ce que j'ai réalisé à San Remo, c'est que mes automatismes de gestion émotionnelle fonctionnaient — mais seulement jusqu'à un certain niveau de pression. Passé ce seuil, une couche de stress plus profonde s'est activée. C'est là que le travail recommence. Et c'est précisément pour ça que les tournois live sont irremplaçables : ils révèlent les dernières résistances que le confort cache.

Leçon 3 : l'après-tournoi est aussi important que le tournoi lui-même

Je see beaucoup de joueurs qui rentrent d'un tournoi, boudent deux jours, et reprennent les sessions comme si rien ne s'était passé. C'est gâcher une mine d'or d'informations.

Depuis que je suis rentrée, j'ai passé du temps à noter précisément : les 3 situations où j'ai senti que mon état émotionnel impactait ma décision. Les moments où j'étais dans le flow versus les moments où je “subissais”. Ce que mon corps faisait (tension, rythme cardiaque, posture) dans les mains importantes. Et une chose que je referais exactement pareil — parce qu'il y en a toujours une.

Ce debriefing structuré, c'est ce qui transforme une expérience en apprentissage durable. Sans lui, on répète les mêmes patterns au prochain tournoi.

Les 3 questions à se poser après chaque tournoi

  1. Quel état émotionnel dominait à chaque étape clé du tournoi ? (Day 1 final, bubble, Day 2 entrant)
  2. Y a-t-il eu un moment précis où j'ai senti basculer de “je joue bien” à “je subis” ?
  3. Qu'aurais-je fait différemment si j'avais joué sans aucune peur du résultat ?

Ce que San Remo a confirmé sur le coaching

Chaque fois que je joue en compétition, je reviens avec des outils plus affûtés pour mes élèves. San Remo m'a confirmé deux choses que j'enseigne, et que j'ai vécues de l'intérieur cette semaine.

Première chose : le travail mental ne s'arrête jamais. Il n'y a pas de niveau où tu es “arrivé” et où les émotions ne jouent plus de rôle. Il y a juste des niveaux de pression de plus en plus élevés qui révèlent de nouvelles couches à travailler. C'est une bonne nouvelle : ça veut dire que la progression ne s'arrête jamais non plus.

Deuxième chose : jouer régulièrement en live est indispensable. Non pas pour les résultats, mais pour calibrer son niveau de robustesse mentale. L'online est un terrain d'entraînement technique. Le live est un terrain de test mental. Les deux sont nécessaires.

La suite : Namur, Malaga, Barcelona

On repart très vite. Le PokerStars Open Namur (30 mai – 7 juin), puis Malaga (22–28 juin), puis EPT Barcelona (16–29 août). Trois rendez-vous pour appliquer ce que San Remo vient de m'enseigner.

Et entre chaque tournoi, un travail précis sur les deux patterns identifiés à San Remo : la peur du regret dans les décisions actives, et la gestion du seuil de pression élevée. Ce sont ces marges-là qui font la différence entre une 63ème place et un final table.

Je t'en reparlerai depuis Namur dans quelques semaines. En attendant, si tu veux travailler toi aussi ton mental game avant tes prochains tournois — en ligne ou en live — c'est exactement ce qu'on fait dans le programme.

Travaille ton mental game avant ton prochain tournoi

6 semaines de préparation mentale intensive pour poker live et online. Ce que j'aurais aimé avoir avant San Remo.

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